Bitef

karstvo. Na nama je da nademo oblike koji će to zakašnjenje nadoknaditi. Jeste li našli taj novi način izražavanja Uopšte nisam. Pokušavam da napravim sintezu svih originalnih pokušaja, all još nisam našao svoj izraz. Tražim formu koja počiva na arhitipovima I deiuje simbolima na podsvest. Šta vas je na'jviše privuklo Arabalovom komadu u pogledu forme? Njegovo političko delovanje, različito od delovanja Petera Weissa. Pored toga ima vrlo oštrih prelaza između političkih sekvenci i scena 'sna’, čistih, skoro detinjih. Znači ritam komada je bitan za uspeh predstave? Da, naroćito suprotnost između konkretnih scena zatvora I scena sna, ta suprotnost najbolje podvlači humani i politick! vid delà. Arabal je dosta osporavan, međutim privlači reditelje mogučnošču stvaralačkog postavljanja delà, šta vi mislite? Arabal je toliko slobodan da daje mnoštvo ideja reditelju, a to je veliki kvalitet. On ne drži do toga da kao Beket napiše savršen komad. On je pre svega nadahnut pisac. Pri postojanju dveju struja u pozorištu, one koja pobožno poštuje tekst i one koja pre svega traži mogućnost slobodnog izraza za glumca vi ste kao autor i reditelj istovremeno, i to mlad, vrlo zanimljiva ličnost. Koja vas od dveju struja više privlači? Trenutno pišem komad koji treba da ostavi više slobode pokreta I gesta. Taj tekst bi trebalo da može da se menja usput 1 da dovede do verzija sasvim različitih jedna od druge. Rekli ste da pozorište zaostaje za televizljom I filmom. Ne mlsllte da je pozorlšte potpuno 'pobeđeno' u tom suparništvu? Čovek može srećno da živi i sa lutkom od gume, ali ipak je bolje imati malo čudovište od žene za suprugu, ona bar postoji. Možda poređenje nije najbolje, ali film je nešto veštačko. Na konferenciji za štampu pomenuli ste nage scene, da li je reditelju teîe raditi sa nag Im glume! ma? Reditelj može da ima mnogo teškoća u rukovođenju nagih glumaca. To može da bude neprljatno. Ali kad su namere poštene, kad se scene uklapaju u kontekst komada I kad svi to shvataju, važno je napravlti prvi korak, ostalo se odviia normalno.

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Le nu va-t-il sauver le théâtre? Au Poche, Roger Domani joue à pile ou face. 'Et ils passèrent des menottes aux fleurs’, c’est la dernière pièce d’Arrabal, c’est aussi un spectacle de Lodewijk De Boer, c’est enfin un acte de foi et un précédent. Non pas que le nu se manifeste pour la première fois dans le théâtre contemporain. Mais il ne taut pas confondre une bluette comme Hair au spectacle du Poche. A Paris, la pièce a été fraîchement accueillie par la critique. On retenait surtout le numéro personnel d'Arrabal devenu son propre Interprète. S'il s'agit de la même pièce, le spectacle est différent. De Boer l’a dit: c'est une mauvaise pièce. Comme Domani a dit que c’était l’œuvre la plus accomplie d’Arrabal. On a le choix. Mais la contradiction n'est qu'apparente. Ce qui est accompli, c’est la réalisation au Poche. D'aucuns, en sortant, affirmaient sans réserve que l’avenir du théâtre dépend de ce spectacle. Pourquoi? Le père Arrabal devenait fatigant, car rien n’est plus lassant qu’une œuvre puisant son inspiration dans des obsessions sado-masochistes. Le côté m’as-tu-vu du personnage l'entraîne parfois à se déculotter, ce qui n’est jamais une preuve d'esprit, un médecin

belge en avait déjà fourni la démonstration. Loin des arrabaleries gratuites qui provoquent un scandale aussi minable, voici au contraire un événement théâtral dont Roger Domani s’est efforcé de préserver toutes les chances. L’autre semaine, on se battait pour entrer au Poche. Ce n'était pourtant que des invités à une soirée privée. La première représentation après une série de répétitions à huis clos. Le mystère favorise la curiosité, mais le dessein, en fait, consistait à garantir le spectacle contre les foudres éventuelles de la censure. D'où présence de M. Velu, grand surveillant de nos mœurs. Le miracle, c'est que le Tout-Bruxelles a assisté sans broncher à l’un des plus déchirants spectacles de la saison. Le nu s’intégrait à l'action, tout naturellement, sans donner matière à scandale. Le texte d’Arrabal? Pas tellement important pour De Boer qui l'a gommé, épuré, dépouillé, pour donner plus de force au drame de ces prisonniers espagnols, victimes d’une répression violente. Leur histoire, leurs rapports avec l'Eglise, avec l'Etat, leurs rapports entre eux, leurs rêves érotiques sont autant de points de tension traversés par un courant fort. On a ergoté à propos de comédiens dévêtus. Comme si c'était là LE problème que posait le spectacle. Entre des fleurs à menottes et des hommes nus ... Or, s’il est un scandale, c’est celui que dénonce la pièce, celui d’individus mis à nu par un Pouvoir sans scrupule. Pour De Boer, Il est inutile de procéder avec douceur. Il faut hurler. Il le faut d'autant plus que le théâtre marque un recul parmi d’autres moyens d'expression tels que le cinéma et la télévision et même, selon le metteur en scène néerlandais, par rapport à la musique et la peinture. De Boer joue avec de jeunes interprètes sur un espace scénique laissé à l'imagination du sculpteur Luc Monheim. Résultat probant. Et jusqu'au moment d'écrire ces lignes sans conséquence fâcheuse. Mais il ne faut jurer de rien. Il y a plusieurs façons d’interpréter la lettre des évêques. Et l'idée que l’on peut se faire de la moralité publique n'a parfois qu'un lointain rapport avec la morale tout court. Si l'habit ne fait pas le moine, il est bien évident qu'il ne garantit pas davantage la moralité d’un individu.