La crise balkanique (1912-1913)

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sence, un pas fait vers la résolution du problème oriental.

Les Etats balkaniques, libres de disposer et de partager Les territoires conquis suivant leurs prétentions et leurs intérêts, se seraient mis d'accord. Le dépeçage de la Macédoine aurait présenté des difficultés ; les grandes puissances en exerçant alors une médiation désintéressée auraient réussi à imposer leur volonté pacifique aux exigences injustifiées. Le butin était par trop grand, trop belle la moisson, pour que les peuples vainqueurssongeassent aux querelles fratricides au moment même où un avenir inespéré s'ouvrait à eux.

Il n’y avait « qu'à courir au secours de la victoire » comme disait M. Hanotaux. Un statut balkanique durable aurait été édifié. Les Balkans seraient restés

aux Balkaniques.

Cette attitude d'abstention ne convenait pas aux

puissances germaniques; l'Autriche, l'Allemagne, accablées, considéraient la ruine de la Turquie et s'irritaient du succès des Alliés. Comment se désinté-

resser quand la politique d'expansion de l'Autriche

et les aspirations économiques de l'Allemagne pous-

saient depuis un demi-siècle les deux empires « vers

l’est » ? L'Europe adopta, à l'instigation de la Triplice, la politique du croc-en-jambe. Au lieu d'aider