La crise balkanique (1912-1913)

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CONCLUSION 301

la victoire on s'efforça de lui mettre des bâtons dans les roues. Des troupes internationales débarquèrent à Constantinople; la ville fut mise sous la tutelle et le contrôle des puissances. Dans quel but? Maintenir le statu quo ? À Paris, à Londres, à Pétrograd on convenait que la formule de l'intégrité de l'Empire ottoman « élait un anachronisme ». Alors ? On se contentait d'hypothéquer l'avenir des mêmes difficultés qu’on ne voulait, ou qu'on ne pouvait, résoudre aujourd'hui. Sous la pression des puissances adriatiques on créait un Etat nouveau, on le savait non-viable, on le créait même parce qu'on le savait mort-né. L’Autriche montrait qu'elle avait toujours présente à l'esprit la formule de la Confédération balkanique sous son hégémonie ; l’Albanie était un pion avancé de sa politique sur l’échiquier balkänique. L'Europe, donnait la mesure de l’incohérence de son union en acceptant d'aller manifester devant Scutari. En remplacement des litiges anciens, aujourd’hui éteints par la victoire des peuples balkaniques, l'Europe se ménageait, comme à plaisir, la certitude de prochaines querelles.

Les peuples balkaniques refoulés de la Thrace, de l’Adriatique, de l'Epire, venaient chercher en Macédoine la compensation aux expansions interdites. Terrain merveilleux pour exaspérer les prétentions rivales, la Macédoine devait défairé ce que la sagesse