La terreur à Paris

LES MAITRES DE PARIS Lire

contre un assassin. Il avait fait des madrigaux. Il en offrait « à une Ophélie » un qui se terminait par ces vers :

Sur le pouvoir de tes appas Demeure toujours alarmée. Tu n’en seras que mieux aimée, Si tu crains de ne l'être pas. =

On ne le voyait jamais chanter et rire avec de joyeux compagnons; sombre durant sa jeunesse, il devint avec l’âge jaloux, inquiet, farouche, soupconneux. Tout le monde craignait « l'œil de Robespierre. » Ce sensible dénoncait tout le monde, arrêtait tout le monde et finit comme beaucoup de maniaques, par se croire un dieu.

Quinze jours après sa mort, on trouve dans ses papiers un livret où il mscrivait ses notes *.

Lisez attentivement ces pages de son livret « : Principale mesure de salut public. — Il sera nécessaire d’avoir dans toute la république un petit nombre de commissaires forts, munis de bonnes instructions et surtout de bons principes,pour ramener tous les esprits à l'unité et aurépublicanisme, seul moyen de terminer bientôt la révolution au profit du peuple. Il faut cent vingtcommissaires, deux par

1 L'écriture de Robespierre, telle que nous la voyons dans les archives du ministère de l'intérieur, était fine et hachée, parfois mal assurée et sans paraphe, semblable en tous points à celle que les docteurs de la Salpêtrière nous montrent aujourd’hui commé émanant de paralytiques généraux ou de maniaques,