L'école de village pendant la Révolution

LES PREMIERS EFFETS DE LA RÉVOLUTION. 33

transformation que la révolution devait poursuivre. A vrai dire, lorsque le président Rolland préconisa l'éducation nationale, il savait bien que celle que l’on donnait dans les collèges, même dans ceux d’où l’on venait d’expulser les jésuites, était éminemment française; il savait bien que le clergé de France, si profondément attaché aux libertés gallicanes, ne l’était pas moins aux institutions monarchiques et à la personne du roi, en qui s’incarnait l’idée de la patrie ; il savait aussi que la foi catholique était solidement implantée dans le sol du royaume très-chrétien et que c’était pour ainsi dire une foi nationale ; mais le président Rolland était l'écho des opinions de son temps; il était l'organe d’une certaine école philosophique et des ennemis des jésuites, et sans le savoir, il phobie la voie aux réformes radicales qui devaient s’opérer plus tard.

En même temps.que Rolland, La Chalotais, Helvetius et Diderot proclament que l'instruction doit être une œuvre exclusivement civile, une « affaire de gouvernement, » comme disait Voltaire‘. Mais la plupart des publicistes ne s'occupent que de l'instruction secondaire ; si Rolland recommande les écoles de campagnes, La Chalotais déclare « que le bien de la société demande que les con-

4 Compayré, Histoire critique des doctrines de l'Instruction en France depuis le seixième siècle, II, 203. 3