L'école de village pendant la Révolution

34 CHAPITRE Il.

naissances du peuple ne s'étendent pas plus loin que ses occupations. » Et Voltaire d’applaudir : « Je vous remercie, écrivit-il à La Chalotais, le 28 février 1763, de proscrire l'étude chez les laboureurs. Moi qui cultive la terre, je vous présente requête pour avoir des He et non des clercs tonsurés. »

Mais, tandis que les philosophes plus préoccupés de leurs théories que de l'intérêt réel du peuple écrivaient ainsi, le mouvement en faveur de l'in: struction populaire s’accentuait. Il arriva après la guerre de sept ans ce qui arrive souvent à la suite des guerres désastreuses ; on se prit à imiter les vainqueurs, pour chercher les moyens de ne point leur rester inférieurs. On s’engoua pour la discipline prussienne ; on s’éprit des institutions el des mœurs anglaises; on voulut favoriser l’agriculture parce qu’on s’aperçut que notre agriculture était en retard ; on voulut améliorer le sort des paysans et les rendre plus éclairés. Un auteur anonyme citait l'exemple des pays protestants pour PnESe? à répandre l’instruction dans les campagnes?, D'un

1 Dans cette période, l'esprit de l'éducation secondaire fut à la fois plus militaire et pour ainsi dire plus républicain. (Proyart, Louis XVI détrôné avant d'être roi, 1800, p. 226227). — Danton, qui avait été élevé chez les oratoriens, disait en 1793 : La République était dans les esprits vingt ans au moins avant sa proclamation. (Woniteur du 15 août 1793).

? Le Bonheur dans les campagnes. À Neufchâtel, 1793, p. 113 et suiv,