Les Préfets du Consulat et de l'Empire

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blique devaient étre les heureux résultats (1).

Ce ne fut pas un spectacle banal de voir, en 1802, les mêmes hommes qui avaient escorté la marche triomphale de Robespierre à la fête de l'Être suprême et qui avaient sacrifié au temple de la Raison, présider avec un pareil enthousiasme la fête de l’établissesement du Concordat et proclamer tous, le même jour, dans les églises, la nécessité de la religion et leur dévouement à sa sainte cause (2). Naturellement cette dévotion subite des jacobins repentis n'était qu'une façade. S'ils assistaient par ordre aux cérémo-

(4) Procès-verbal manuscrit des délibérations du Conseil général de l'an X (Arch. dép. d'Eure-et-Loir).

(2) La fête ordonnée par le Premier Consul à l’occasion du Concordat eut lieu dans toute la France le 28 germinal an X, jour de Pâques. Dans toutes les villes, les préfets et sous-préfels prononcèrent des diseours remplis d’un religieux respect. Nous en citons un ci-après : « Enfin, il est arrivé ce jour si ardemmont désiré ; il me semble voir les voûtes de cette église s’agrandir ; il me semble entendre le concert unanime de vingt-cinq millions dé Français rendant, comme nous et au même instant, des actions de grâce solennelles au Dieu de nos pères pour la paix intérieure et extérieure qu'il nous accorde dans sa bonté, — De tous les actes du gouvernement pour le bonheur de la France, le plus cher à son cœur, l'objet de ses plus constantes sollicitudes, c’est le rétablissement de la religion. Il sait qu’à elle seule appartient de faire naître et de cimenter entre les membres de la