Le théâtre français pendant la Révolution 1789-1799 : avec plusieurs lettres inédites de Talma

52 LE THÉATRE-FRANÇAIS PENDANT LA RÉVOLUTION

avec sa grand’mère, ressemblance confirmée par un ancien portrait de celle-ci. De là l'illusion d'Epiménide qui, dans Joséphine, avec toute sa jeunesse et sa fraicheur, croit retrouver celle qu'il aimait, sa fiancée d'autrefois.

Sa passion, qui renaît, le met ainsi en rivalité avec d'Harcourt. Cette situation intéressante inspire une assez piquante réfléxion à Joséphine, quand elle dit :

Il va m'aimer en me voyant, Et je saurai bientôt ce qu'était un amant Dans le siècle de ma grand'mère.

Enfin, en terminant, Epiménide ému disait, avec bonhomie, au parterre :

Maître de ma destinée,

Roi des hommes et des dieux, Si ma course est terminée, Que je vive dans ces lieux!

S'il faut qu'encor je sommeille, Exauce au moins mes souhaits : Fais toujours que je m'éveille Au milieu des bons Français (1).

(1) Si la genèse de l'Homme à l'oreille cassée se retrouve dans le Réveil d'Epiménide, on reconnaîira, en outre, qu’il y a une singulière coïncidence entre la situation qui précède et celle-ci, du roman et de l'adaptation : Ainsi Clémentine, la fiancée de Léon Aubertin, et dont la grand'mère, aimée du colonel Fougas, allait même l'épouser, quand un ordre de départ y mit obstacle, est aussi, comme Joséphine, le portrait vivant de cette grand’mère. Cette ressemblance est tellement frappante, que Fougas, de même qu'Epiménide, croit revoir celle qu’il aimait, sa fiancée, en devient amoureux et veut l’épouser. Il se trouve ainsi le rival de Léon Aubertin, qui l’a ressuscité, comme Epiménide l'était de d'Harcourt.

D'où on serait assez porté à conclure : qu'Epiménide a engendré Fougas, Joséphine Clémentine, et d'Harcourt Léon Aubertin. À r 1

C'est ainsi que parfois, au théâtre, certaines idées originales